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Est-il légal d’acheter des abonnés au Royaume-Uni ?

Par Oliver Hayes · Mis à jour le · 8 min de lecture

En bref : est-il légal d’acheter des abonnés au Royaume-Uni ? Pour un particulier, ce n’est pas une infraction pénale. C’est en revanche contraire aux conditions de la plupart des plateformes : une question contractuelle, qui peut vous coûter des abonnés ou votre compte, mais pas une question pénale. Tout change lorsqu’une entreprise ou un créateur se sert de ces chiffres pour vendre : le droit britannique de la consommation interdit les pratiques trompeuses et les faux avis, et les règles publicitaires interdisent les allégations trompeuses.

Ce guide explique où passent les limites pour les comptes personnels, les créateurs et les entreprises, d’après les règles en vigueur en octobre 2026. Il s’agit d’informations générales, pas d’un conseil juridique. Si vous avez un contrat ou une campagne précise en tête, consultez un avocat (solicitor).

Acheter des abonnés, est-ce un délit ?

Aucune loi britannique ne vise spécifiquement l’achat d’abonnés, de likes ou de vues pour un compte personnel en tant qu’infraction pénale. Personne n’est poursuivi pour avoir plus d’abonnés que son contenu n’en attirerait seul.

Ce qui entre en jeu, c’est plutôt le contrat que vous avez accepté en vous inscrivant sur la plateforme. Enfreindre ces conditions constitue une violation du contrat qui vous lie à la plateforme : c’est donc elle, et non la police, qui décide des conséquences. Celles-ci sont bien réelles : abonnés supprimés, contenus retirés, portée réduite, avertissements, voire, dans les cas graves ou répétés, fermeture du compte. Pour les risques concrets pour votre compte, consultez notre page acheter des abonnés, est-ce sûr ?

Que disent les règles des plateformes elles-mêmes ?

Les grandes plateformes considèrent toutes l’engagement artificiel comme une violation de leurs règles, même si elles le formulent un peu différemment.

PlateformeCe que disent ses règlesConséquence habituelle
InstagramLes applications qui génèrent des likes, des abonnements et des commentaires non authentiques enfreignent ses Règles de la communauté et ses Conditions d’utilisationActivité non authentique supprimée ; l’expérience des comptes qui continuent d’utiliser ces applications peut en être affectée
TikTokLe faux engagement est interdit, y compris les services qui vendent des abonnés ou des likesFaux abonnés et faux likes supprimés, surtout par des systèmes automatisés
YouTubeSon règlement sur le faux engagement interdit de gonfler artificiellement les vues, les likes ou les abonnés, y compris par l’intermédiaire d’un prestataireTrafic artificiel non comptabilisé ; avertissements, sanctions et, après trois sanctions en 90 jours, résiliation possible de la chaîne

YouTube souligne un point à retenir : si vous faites appel à quelqu’un pour promouvoir votre chaîne, ses actions peuvent avoir des conséquences sur votre chaîne comme si elles étaient les vôtres.

Quand le droit de la consommation entre-t-il en jeu ?

Le droit de la consommation s’applique aux professionnels, c’est-à-dire à toute personne agissant à des fins professionnelles, y compris pour le compte d’une entreprise. Un compte de loisir n’est pas concerné. Une boutique, une marque, un créateur rémunéré ou une agence le sont.

Le DMCC Act a remplacé l’ancienne réglementation

Depuis le 6 avril 2025, les pratiques commerciales déloyales relèvent de la partie 4 du Digital Markets, Competition and Consumers Act 2024, qui a remplacé les Consumer Protection from Unfair Trading Regulations 2008. Selon ce texte, une pratique constitue une action trompeuse si elle fournit des informations fausses ou trompeuses, ou une présentation globale qui induit en erreur, et qu’elle est susceptible d’amener le consommateur moyen à prendre une décision différente.

Les lignes directrices de la Competition and Markets Authority (CMA) ne mentionnent pas spécifiquement le nombre d’abonnés, de likes ou de vues. Un chiffre affiché sur un profil constitue rarement une allégation à lui seul. Mais si une entreprise s’appuie sur des chiffres gonflés pour convaincre ses clients, par exemple en se présentant comme le salon le plus suivi du quartier alors que ses abonnés ont été achetés, cette présentation pourrait être jugée trompeuse.

Les faux avis sont purement et simplement interdits

La loi dresse aussi une liste de pratiques interdites, déloyales en toutes circonstances. La pratique interdite n° 13 concerne les faux avis : publier ou commander un avis présenté comme fondé sur une expérience réelle alors qu’il ne l’est pas, cacher qu’un avis a été rémunéré ou incité, et proposer des services qui aident d’autres personnes à le faire. Les lignes directrices de la CMA donnent une définition large de l’avis de consommateur et citent l’achat d’avis générés par des bots comme exemple de commande d’avis.

C’est la limite la plus nette pour les entreprises. Des abonnés ne sont pas des avis, mais des commentaires payés qui ressemblent à des témoignages de clients pourraient l’être. Si vous commandez des commentaires pour un compte professionnel, veillez à ce qu’aucun d’eux ne puisse passer pour l’avis d’un vrai client.

Que risque une entreprise qui enfreint les règles ?

La CMA peut désormais faire appliquer directement le droit de la consommation et infliger des sanctions allant jusqu’à 300 000 £ ou 10 % du chiffre d’affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu. La plupart des pratiques interdites sont aussi des infractions pénales, mais l’interdiction des faux avis est appliquée par la voie civile plutôt que par des poursuites pénales.

Que disent les règles publicitaires sur les allégations de popularité ?

Si vous faites de la publicité, le CAP Code, dont l’Advertising Standards Authority (ASA) assure le respect, s’applique à votre marketing. La règle 3.1 dispose que les communications marketing ne doivent pas induire en erreur de manière significative, ni risquer de le faire, et la règle 3.3 qu’elles ne doivent pas omettre d’informations essentielles.

En pratique, toute allégation sur votre popularité, comme être le plus suivi ou le plus apprécié de votre catégorie, doit être vraie et pouvoir être prouvée. Avec des chiffres achetés, c’est difficile.

Et les influenceurs et les partenariats avec des marques ?

Les créateurs qui font la promotion de produits agissent en tant que professionnels pour ces publications. Selon les lignes directrices de la CMA, un influenceur qui promeut une marque auprès de ses abonnés peut partager la responsabilité de la conformité de cette promotion, et les contenus rémunérés doivent être clairement signalés. Le détail de ce signalement est expliqué dans notre guide sur les règles britanniques de mention #ad.

Les contrats avec les marques constituent l’autre risque. De nombreuses marques demandent des données d’audience, et certaines prévoient des clauses sur l’authenticité de l’audience. Présenter des abonnés achetés comme une portée organique lors d’une négociation pourrait constituer une violation du contrat ou donner à la marque un motif pour y mettre fin, selon ses termes. Partagez des statistiques honnêtes et le problème ne se pose pas.

Comment rester du bon côté de la limite ?

  • Compte personnel : le principal risque vient des règles de la plateforme, pas de la loi. Restez sur des volumes modestes et ne communiquez jamais votre mot de passe.
  • Compte professionnel : utilisez les abonnés comme point de départ pour la preuve sociale, jamais comme justification d’une allégation publicitaire. Notre guide sur les abonnés pour les comptes professionnels explique ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas apporter.
  • N’achetez jamais d’avis ni de témoignages, ni sur votre propre site, ni sur les plateformes d’avis, ni dans les commentaires.
  • Soyez transparent avec les marques sur l’origine de votre audience.
  • Choisissez votre prestataire avec soin. Notre liste des signaux d’alerte des services de croissance montre ce qu’il faut éviter. Un service sérieux comme StreamElevate n’a besoin que d’un lien public et ne se connecte jamais à votre compte.

Questions fréquentes

Puis-je recevoir une amende pour avoir acheté des abonnés Instagram pour un compte personnel ?

Pas au titre du droit de la consommation, qui vise les professionnels et non les particuliers. La plateforme peut toutefois supprimer des abonnés ou restreindre votre compte en vertu de ses propres conditions.

Vendre des abonnés est-il illégal au Royaume-Uni ?

La vente d’abonnés n’est pas visée en tant qu’infraction spécifique. Les vendeurs doivent néanmoins respecter le droit général de la consommation envers leurs propres clients, et tout service qui vend de faux avis, ou aide d’autres personnes à en publier, tombe sous le coup de l’interdiction du DMCC Act.

L’interdiction britannique des faux avis couvre-t-elle les likes et les abonnés ?

Les lignes directrices de la CMA ne citent ni les abonnés ni les vues. Elles mentionnent en revanche les signaux graphiques associés aux avis, comme un pouce levé indiquant qu’un avis est utile : l’engagement qui sert à mettre en avant des avis entre donc dans leur champ d’application.

Une marque peut-elle agir si elle découvre que j’ai acheté des abonnés ?

Cela dépend de votre contrat. Si vous avez fourni à la marque des chiffres d’audience trompeurs, ou si le contrat exige une audience authentique, elle pourrait mettre fin au partenariat ou demander le remboursement des sommes versées. Faites vérifier la formulation par un juriste.

Sources : CMA : Unfair commercial practices guidance (CMA207), CMA : Fake reviews guidance (CMA208), ASA : CAP Code, règle 3.1, YouTube Help : Fake engagement policy

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