Réponse courte : En France, un influenceur paie des impôts sur tous ses revenus d’influence, dès le premier euro, y compris sur les produits, voyages et autres avantages en nature reçus en échange d’une publication. L’influence commerciale relève en principe des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), la création de contenu sans promotion rémunérée des bénéfices non commerciaux (BNC). Le régime de la micro-entreprise reste possible jusqu’à 83 600 € de chiffre d’affaires de prestations de services en 2026, et la franchise de TVA jusqu’à 37 500 €.
Publications sponsorisées, codes promo, produits offerts, revenus des plateformes : dès que votre activité rapporte, l’administration fiscale et l’Urssaf vous attendent. Ce guide résume les règles officielles en vigueur au 15 octobre 2026 pour un créateur établi en France. Il s’agit d’informations générales, pas d’un conseil fiscal : pour votre cas précis, interrogez votre service des impôts des entreprises (SIE) ou un expert-comptable.
Faut-il déclarer son activité d’influenceur ?
Oui. Selon le ministère de l’Économie, vous devez déclarer votre activité sur le guichet unique des formalités d’entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), au plus tôt un mois avant son démarrage et au plus tard 15 jours après. Vous obtenez ainsi un numéro SIREN, indispensable pour vos démarches fiscales et sociales.
Quelques points à vérifier avant de vous lancer :
- Vous avez déjà une entreprise individuelle : l’activité d’influence doit y être rattachée, vous n’en créez pas une seconde.
- Vous êtes salarié ou agent public : vérifiez que cette activité est compatible avec votre emploi et vos obligations envers votre employeur.
- Espace professionnel : créez-le sur impots.gouv.fr pour déclarer et payer vos impôts professionnels.
BIC ou BNC : quelle catégorie pour vos revenus ?
La catégorie dépend de ce que vous faites réellement. L’administration distingue trois cas au moment de l’immatriculation :
| Activité | Catégorie à choisir | Revenus | Protection sociale |
|---|---|---|---|
| Promotion rémunérée ou contre avantage en nature | « Influenceur et créateur » (services d’information), avec immatriculation au RCS et au RNE | BIC | Urssaf, régime des indépendants |
| Création de contenu sans promotion rémunérée | « Community manager, ergonome web, blogueur professionnel, rédacteur web », inscription au RNE | BNC | Urssaf, régime des indépendants |
| Création artistique (vidéaste, vlogueur) | « Vidéaste, vlogueur, blogueur », inscription au RNE | BNC, ou précompte par un diffuseur | Sécurité sociale des artistes-auteurs, après validation |
En pratique, la plupart des créateurs qui signent des partenariats avec des marques relèvent de la première ligne. Pour évaluer ce que votre audience peut rapporter avant de choisir un statut, vous pouvez utiliser notre calculateur de revenus Instagram.
La micro-entreprise est-elle adaptée à un influenceur ?
Pour démarrer, c’est souvent le régime le plus simple : vos cotisations et votre impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires encaissé, sans comptabilité complexe.
Les plafonds pour 2026
Les seuils ont été revalorisés pour la période 2026-2028. Pour rester micro-entrepreneur, votre chiffre d’affaires annuel hors taxes ne doit pas dépasser 83 600 € pour les prestations de services, BIC comme BNC, et 203 100 € pour la vente de marchandises, par exemple si vous vendez vos propres produits dérivés. Un dépassement isolé ne fait pas perdre le régime ; deux années consécutives au-dessus du seuil vous font basculer au régime réel au 1er janvier suivant.
Cotisations sociales
Vous déclarez votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre à l’Urssaf. En 2026, le taux est de 21,2 % pour les prestations de services BIC et de 25,6 % pour les activités libérales non réglementées en BNC. Si vous n’encaissez rien sur une période, aucune cotisation n’est prélevée, sauf si vous avez opté pour les cotisations minimales.
Impôt sur le revenu
Le chiffre d’affaires est reporté une fois par an sur la déclaration complémentaire n° 2042-C-PRO. L’administration applique un abattement forfaitaire pour frais de 50 % pour les prestations BIC et de 34 % pour les BNC, avec un minimum de 305 €. Le reste s’ajoute à vos autres revenus. Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour le versement libératoire : l’impôt est alors payé avec vos cotisations, à 1,7 % du chiffre d’affaires pour les services BIC et à 2,2 % pour les BNC. L’option se demande à l’Urssaf avant le 30 septembre pour l’année suivante.
Comment déclarer les cadeaux et avantages en nature ?
C’est le point le plus souvent oublié. Les produits, séjours ou services reçus en échange d’une publication sont des revenus : ils se déclarent dès le premier euro, dans la même catégorie que vos autres revenus d’influence, pour leur valeur réelle.
Pour estimer cette valeur, l’administration propose plusieurs repères :
- demander la valeur à l’annonceur ;
- vous référer au prix moyen du marché, en boutique ou sur les places de marché ;
- reprendre le montant indiqué dans votre contrat écrit, obligatoire au-delà de 1 000 € HT par annonceur et par an selon la loi influenceurs.
Les avantages reçus au cours d’une année se déclarent l’année suivante, avec les autres revenus. En cas d’omission ou d’inexactitude, l’administration peut appliquer une majoration allant jusqu’à 80 %. Gardez donc une trace de chaque envoi : courriel de l’annonceur, valeur indiquée, date de publication.
Quand faut-il facturer la TVA ?
Tant que vous restez sous les seuils de la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA à vos clients. Le projet de seuil unique à 25 000 €, annoncé avec la loi de finances pour 2025, a été abandonné : les seuils de 2026 restent ceux des années précédentes.
- Prestations de services (partenariats, publicités) : 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, avec une tolérance jusqu’à 41 250 € l’année en cours.
- Ventes de marchandises : 85 000 €, avec une tolérance jusqu’à 93 500 €.
Si vous dépassez le seuil de base sans atteindre le seuil majoré, la TVA s’applique au 1er janvier de l’année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré, elle s’applique dès le jour du dépassement. En franchise, chaque facture doit porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Mineurs, non-résidents : les cas particuliers
Si vous avez moins de 18 ans
Avant 16 ans, un enfant doit être employé par une entreprise d’influence commerciale, qui peut être celle de ses parents, avec un agrément préalable du préfet, et 90 % des sommes perçues sont consignées jusqu’à sa majorité. Entre 16 et 18 ans, il peut créer une société unipersonnelle ou être salarié, avec l’accord de ses représentants légaux. Tant que le créateur est rattaché au foyer fiscal de ses parents, ce sont eux qui déclarent ses revenus.
Si vous vivez en Belgique ou en Suisse
Les règles de ce guide concernent les créateurs établis en France. Un non-résident reste imposable en France sur ses revenus de source française, sous réserve de la convention fiscale applicable. En Belgique, le SPF Economie considère qu’un créateur qui publie régulièrement de la publicité exerce une activité d’entreprise et doit s’inscrire à la Banque-Carrefour des Entreprises ; en Suisse, renseignez-vous auprès de l’administration fiscale de votre canton.
Enfin, gardez en tête qu’un gros compteur d’abonnés n’est pas un revenu : seuls comptent les partenariats et les recettes des plateformes, comme le montre notre calculateur de revenus YouTube. Pour les règles qui encadrent la croissance d’une audience, voyez aussi notre article acheter des abonnés est-il légal.
Questions fréquentes
Faut-il payer des impôts pour un seul partenariat rémunéré ?
Oui. Les revenus d’influence sont imposables dès le premier euro, même s’il s’agit d’une activité occasionnelle ou accessoire à un emploi salarié. Ils doivent figurer dans vos déclarations fiscales et sociales.
Les revenus d’une plateforme (YouTube, TikTok) suivent-ils les mêmes règles ?
Ils sont eux aussi imposables et se déclarent avec vos autres revenus professionnels. Leur catégorie dépend de la nature de votre activité ; en cas de doute entre BIC et BNC, posez la question à votre service des impôts des entreprises.
Un influenceur en micro-entreprise peut-il déduire ses frais ?
Non, pas au réel. L’abattement forfaitaire de 50 % ou 34 % est censé couvrir vos frais. Si vos dépenses réelles (matériel, déplacements, montage) sont plus élevées, le régime réel peut devenir plus intéressant.
Que risque-t-on si l’on oublie de déclarer des produits offerts ?
Un redressement sur les montants omis, assorti d’une majoration pouvant aller jusqu’à 80 %.
Sources : economie.gouv.fr – Activité d’influence commerciale : les démarches, impots.gouv.fr – Seuils de la micro-entreprise, BOFiP – Franchise en base de TVA, Entreprendre.Service-Public.fr – Régime micro-social
